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Dans un futur proche, Valentin fait son service civique obligatoire dans une maison de retraite particulière : une unité mnémosyne. Une unité mnémosyne accueille des personnes âgées atteintes d'Alzheimer dans l'ambiance qui correspond à leur jeunesse. Par exemple, Valentin travaille dans la section années 60.
Valentin : je travaille dans la section années 60.

L'environnement est complètement simulé. Les occupants habitent des chambres donnant sur une rue Georges-Perec, complètement aménagée à l'intérieur du bâtiment. Des affiches psychédéliques recouvrent les murs. Un soleil artificiel se lève et se couche (c'est-à-dire qu'il fait son chemin sur un rail d'Est en Ouest, puis dans l'autre sens en moins fort pour simuler la lune). Il y a même une pluie qui tombe une fois par mois, et un arrêt de bus. (Je n'ai pas le temps de vous expliquer à quoi sert l'arrêt de bus.)

Arrivé dans cette unité, Valentin se voit attribuer la mission de répondre à une résidente qui avait participé à un jeu-concours proposé dans un magasine de Salut les copains ! Elle était sensée avoir gagné le deuxième prix : une dédicace de Françoise Hardy. Mais Valentin trouve ça trop cruel de lui refuser le premier prix : pour votre anniversaire, Françoise Hardy vient jouer votre chanson préférée chez vous ! Il lui écrit qu'elle a gagné ! Il a jusqu'au mois de juillet pour trouver une solution...

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Lila est née fille, mais elle sait qu'elle est un garçon. Bon, ça l'embêtait que sa mère lui mette des robes, et la contrariété s'arrêtait là. Sauf qu'aujourd'hui, des seins lui poussent, et ses règles se déclarent. Elle le dit : son corps lui ment !

Lila est née fille, mais elle sait qu'elle est un garçon. Depuis toujours. Bon, ça l'embêtait que sa mère lui mette des robes, et la contrariété s'arrêtait là. Sauf qu'aujourd'hui, des seins lui poussent, et ses règles se déclarent. Elle le dit : son corps lui ment !

Alors elle souffre, elle revendique son genre avec violence. Une violence amplifiée par le regard des autres, le désarroi des membres de sa famille, les conventions sociales.

Alors elle cherche. Et les mots qui lui correspondent l'habillent enfin : la dysphorie de genre. Ce n'est pas un trouble psychologique, elle est normale. Vouloir la convaincre du contraire est même considéré aujourd'hui comme non éthique. Il existe des démarches pour changer d'identité sexuelle, médicalement et civilement.

Le parcours n'est pas si facile, évidemment. La BD en rend bien compte. Elle est à la fois un affichage d'expressions impressionnant, et ressource didactique précieuse.

À partir de 15 ans (images sanglantes).

CASTRO, Catherine ; ZUTTION, Quentin. Appelez-moi Nathan. Payot, 2018. 141 p. ISBN 9782228921626