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Comment se reconstruire après un traumatisme? Shingeji, charpentier, vient de perdre ses parents et doit reprendre l'entreprise familiale en difficulté. Ritsu vient de perdre sa mère et a besoin d'un travail. Un orphelinat a brûlé et cinq enfants se retrouvent sans toit.

De quoi a-t-on le plus besoin, qu'est-ce qui motive nos actions? Brusquement réunis par leurs tragédies respectives, les personnages principaux se retrouvent à exister ensemble et à confronter leur vision du monde afin de peut-être enfin commencer à vivre. Et, pourquoi pas, d'être heureux?

En quatre tomes, Mochizuki décrit de façon simple les difficultés que nous avons à exprimer nos sentiments dans l'adversité. Les nombreux conflits nous prennent à coeur et chaque personnage trouve sa place dans un récit intimement construit. Son trait précis et sans fioriture sait mettre en valeur de simples éléments du décor et les émotions des personnages. Et nous donne envie de sourire et de se dire que tout ira bien.

MOCHIZUKI Minetaro. Chiisakobe.
Tome 1 : Le Lézard noir, 2015. 200p. ISBN 9782353480791
Tome 2 : Le Lézard noir, 2016. 222p. ISBN 9782353480821
Tome 3 : Le Lézard noir, 2016. 236p. ISBN 9782353480838
Tome 4 : Le Lézard noir, 2016. 236p. ISBN 9782353480845

Idées prises à Saint-Georges-sur-Meuse

Idées prises à Saint-Georges-sur-Meuse :

Une lectrice me demandait si les boîtes à livres feraient de la concurrence aux bibliothèques. Elles sont effectivement ouvertes 7j/7, 24h/24, souvent dans un endroit agréable au soleil. Mais ne vous faites pas d'illusion, les gens vont plutôt se débarrasser de leurs fonds de placards que partager la dernière nouveauté. Pas d'ombrage donc, mais je pense aussi que les deux sont complémentaires : une boîte à livres ne peut qu'augmenter l'envie et la pratique de la lecture. 🙂

Ne vous attendez pas à de l'action. Il s'agit d'un dialogue entre générations, d'une introspection personnelle d'une critique sociétale, d'un roman atypique et mystérieux.

À la Ville, il fait de plus en plus chaud, les invasions de coccinelles se font de plus en plus fréquentes, et les oiseaux ont un comportement inhabituel... Mais la vie continue. Enfin, de plus en plus bizarrement : certains changent tout à coup leur attitude et leurs projets, puis disparaissent quelques jours plus tard, sans prévenir, sans qu'on s'inquiète...

Achelle lit tous ces évènements à travers le journal intime de son arrière-grand-mère, Aireine. Elle qui soufre du "syndrome blanc" (elle ne se souvient de rien), elle découvre la lutte d'une adolescente contre les disparitions, l'oubli et l'indifférence.

L'airain, c'est un métal fiable, qui dure et ne ploie pas. Et effectivement, sans trouver la cause ou la racine du mal, Aireine s'insurge, garde trace, et réussit à échapper à la contamination. Elle parvient à survivre psychologiquement avec d'autres réfugiés dans une maison retirée de la Ville, retirée du monde.

Mais ne vous attendez pas à de l'action. Il s'agit d'un dialogue entre générations, d'une introspection personnelle et d'une critique sociétale, d'un roman atypique et mystérieux. À mettre dans les mains de ceux qui auront le temps d'y réfléchir. Surtout après cette fin surprenante, qui peut sembler en totale contradiction avec le restant du livre.

Ah, et puis un conseil : n'embauchez surtout pas un archiviste de la Ville ! Leur plan de classement est empirique. Ils laissent traîner des documents dignes de l'enfer des bibliothèques, et ils ne vérifient même pas si les gosses qui entrent ont des stylos :p

BRISSON, Dominique. Les yeux d'Aireine. Syros, 2019. 272 p. ISBN : 313-3-09-222929-9 pour l'épreuve non corrigée,
978-2-748-52614-1 pour le livre.