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Averti du de décès de son grand-père par un message énigmatique, parlant d'héritage et de règles d'échecs, il se rend contre l'avis de sa mère au village où vivait le vieil homme.

Jean des Loups, écrivain célèbre, est mort. Tombé par la fenêtre. Accident, suicide ou meurtre ? Saïd veut en avoir le cœur net. Il n'a que rarement vu son grand-père, et encore moins connu son père. Alors, averti de son décès par un message énigmatique parlant d'héritage et de règles d'échecs, il se rend au village où vivait le vieil homme contre l'avis de sa mère. Maleroque. Perdu au fin fond des montagnes. Perdu entre la magie noire et la magie blanche...

Ce livre est plein de promesses ! Des villageois incarnant les rôles de pièces d'échecs à la manière du jeu du loup-garou ; deux camps - blanc et noir - cherchant à l'emporter sur l'autre pour décider du sort du monde ; les personnages féériques de la montagnes pouvant interférer dans le combat ; et un prêtre chauffeur de bus complètement déjanté par le heavy métal. Que de bons ingrédients !

Mais à la fin, la sauce ne prend pas. Pas tellement de stratégie (on parle d'échecs, tout de même !), et la lutte finale ne s'avère être qu'une bataille bordélique contre un gros monstre du néant, où les personnages si longtemps construits n'ont finalement pas de si grand rôle à jouer.

Arf, on garde tout de même en mémoire des scènes sympathiques. Humoristiques : la messe menée par ce fameux Rodger, où viennent seulement un vieux, une vieille et trois poules. Un tableau ! Horrifiques : Saïd attaqué au sein de la maison de son grand-père par un liquide noir vaporeux. Érotiques, aussi.

Bref, dommage que la fin ne soit pas à la hauteur. Mais sinon, on profite bien du livre !

 

AUDA, Rolland. Le gouffre. Sarbacane, 2018. (X'). 433 p. ISBN 9782377311033

Un bon cocktail d’aventure, de fantasy, d’amour, de conte et d’horreur, bien dosé et bien relevé. Santé !

Louna a des yeux de chats, une queue de reptile, des ailes de corbeaux... mais aucun souvenir de ce qu’il lui est arrivé. Elle sait par son père qu’elle a été victime du sorcier. Ce sorcier qui a jeté un maléfice sur la ville de Bryre.

Depuis 10 ans, les jeunes filles tombent unes à unes gravement malades, et se retrouvent à la merci du magicien. Il peut alors les enlever et réutiliser leur jeunesse pour ses potions. Alors, son propre père l’a ramenée à la vie, et l’a armée pour pouvoir défendre la ville. Louna a la mission d’aller chercher une jeune fille dans la prison du sorcier chaque nuit afin de les sauver.

On le sait, que c’est lui, le sorcier. À moins que l’auteure ne nous réserve une surprise bluffante dans le deuxième tome ! Mais en attendant, elle dévoile à chaque chapitre une preuve accablant le père, et mettant la fille dans l’embarras. Et on ne peut que continuer à suivre cette intrigue pleine de nœuds.

J’ai particulièrement apprécié l’ambiance rendue par les lieux. La ville endormie et envahie par les ronces. La maison du sorcier du père entourée d’un labyrinthe de haie drue. La fontaine où un garçon sentant le pain chaud laisse une rose tous les soirs. La forêt où coule une rivière, et où l’ont peut donner rendez-vous au dernier dragon… Pas besoin de lourdes descriptions, Catherine emprunte largement à d’autres histoires. Et cela transporte encore mieux notre imagination.

Un bon cocktail d’aventure, de fantasy, d’amour, de conte et d’horreur, bien dosé et bien relevé. Santé !

À partir de 12 ans.

 

CONNOLLY MarcyKate. Louna. tome 1. La créature de Bryre. Éd. Milan, 2017. 252 p. ISBN 9782745978288

Le récit surfe sur la même vague que "Hunger Games" : un ordre établi, une révolution à provoquer. Mais il bénéficie lui aussi d'un fort imaginaire, complètement différent, développé qui plus est dans notre monde contemporain. Et Vic James se joue de l'écriture. Il sait l'adapter selon le point de vue de ses personnages, et l'utiliser pour surprendre son lecteur.

Les Égaux, supérieurs à la population (normal), la gouvernent. Ils ont un Don : ils peuvent construire des bâtiments à partir de rien, arrêter ou forcer les gestes du commun des mortels, influer leur inconscient dans la prise de décision. Et, en Angleterre particulièrement, ce gouvernement a trouvé une solution à ce fameux problème : où trouver de la main-d’œuvre docile et gratuite ? Tout simplement, en réduisant la population à l'esclavage. Juste dix années, une période qu'ils choisissent eux-mêmes ! Et le restant de leur vie, ils ont droit à une juridiction et une protection de véritables citoyens.

Dans ce contexte, Luke, 16 ans, devient esclave avec toute sa famille. Sa grande sœur, Abi, a bien préparé le coup : ils seront membres du personnel de la famille du chancelier. De quoi passer dix années pas si terribles. Mais au moment du départ, ils apprennent que Luke ne viendra pas avec eux. C'est un "mâle célibataire non qualifié". "Surplus : réaffecter". Sous les protestations horrifiées de ses parents, il est brutalement jeté dans un fourgon. Destination Millmoor, la cité des esclaves ayant la pire des réputations.

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