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Lola est en vacances chez sa grand-mère. Un grand cerisier, une cascade, des collines à n’en plus finir… C’est chez elle. SON royaume. Jusqu’à ce que Aymen débaroule dans son petit monde. Un jeune garçon syrien, réfugié sans-papier. Amitié ou rivalité ?

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Lucile a 5 ans en 1939. L'âge où personne ne vous explique rien sur la guerre parce que ça ne vous concerne pas, mais où la maîtresse vous fait chanter "Maréchal, nous voilà !" tous les matins. Alors entre deux bêtises, Lucile observe ses parents, apprend à lire pour pouvoir connaître les évènements de la presse, laisse traîner ses oreilles. Une première forme de résistance contre la désinformation des adultes.

Soudain, ses parents chassent leurs locataires, un couple de juifs. Soudain, la mère de Lucile lui annonce sa grossesse. Une grossesse et une naissance bien bizarre... Lorsque "le monstre" naît, c'est une petite fille rousse, alors que personne n'est roux dans la famille ! Mais que se passe-t-il donc chez les parents ?!

Lucile raconte cela à sa petite-fille. Le premier chapitre est dur à traverser, le temps que cette narration indirecte se mette en place. Mais elle laisse place à de véritables sensations : de couleurs, d'odeurs, de sons. De peurs, de joies, de frustrations. Nicolas Michel sait mettre du poids dans ses mots.

Papa a pris ma main dans la sienne et il est resté longtemps immobile, perdu dans ses pensées, perdu dans ses pensées. Moi, j'avais l'impression qu'il soutenait le ciel au-dessus de moi et que rien, jamais, ne pourrait m'arriver."

Des personnages forts, des évènements graves, et une écriture porteuse de sens.

 

MICHEL Nicolas. Quand le monstre naîtra. Talents hauts (les héroïques), 2017. 297 p. ISBN 978-2-36266-180-8

Yallah Bye : un témoignage à plusieurs voix prenant !

Mustapha emmène sa famille au Liban, son pays d'origine. Son fils aîné, Gabriel, reste à la maison pour pouvoir passer des auditions, et doit les rejoindre ensuite. Là-bas, les vacances s'annoncent merveilleuses : Tyr est une ville magnifique, avec sa plage, ses marchés, et  ses citadins qui savent profiter d'une chicha au soleil.

Mais nous en sommes en juillet 2006. L'armée israélienne se met à bombarder le Hezbollah, caché dans la campagne proche. Les habitants se montrent rassurants et blasés : "Mais non, ça ne va pas durer. Ils ne vont pas viser la ville. On a l'habitude." Cependant, les bombardements continuent, privant peu à peu Tyr d'eau courante, d'électricité, de circulation et de ravitaillement. Et en quelques jours, ils atteignent véritablement le centre-ville.

Yallah Bye nous renvoie bien la situation et les sentiments de chaque personnage. Le père, qui avait participé à la résistance dans sa jeunesse, qui ne peut toujours rien arranger à la situation de son pays, et qui refuse de fuir à nouveau. La mère, morte d'angoisse, qui peste contre l'ambassade qui ne peut faire évacuer. Et Gabriel, resté en France et mort d'inquiétude, abasourdi par le calme environnant, tentant vainement de convaincre la population pour faire pression sur le gouvernement et reprendre les négociations avec Israël pour organiser l'évacuation. Opposition totale avec les Libanais, qui de toutes façons n'ont nulle part où aller, et affichent une placidité presque effarante. Un témoignage à plusieurs voix prenant !

 

PARK Kyungeun ; SAFFIEDDINE Joseph. Yallah Bye. Le Lombard, 2015. 160 p.
ISBN 978-2-80-36-3440-8