Aller au contenu

"J'ai remarqué que Vaneck faisait toujours le pledge [serment américain, note de la bloggeuse] avec la main gauche posée du côté droit de sa poitrine. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a dit qu'il avait le cœur à droite. J'ai regardé sur internet, ça s'appelle "dextrocardie". Des mois plus tard, il m'a avoué que c'était une grosse blague. Je ne me suis pas mise en colère, parce que ce n'est pas mon genre. Mais ça fait maintenant plus de deux ans que Vaneck pense que je suis "nummophobique". C'est un mot que j'ai inventé pour décrire ma phobie des pièces de monnaie. Du coup, à chaque fois qu'on va quelque part ensemble, c'est Vaneck qui paie le parcmètre."

Voilà, je ne pouvais pas vous parler de ce livre sans vous faire lire un petit extrait. Et tant pis s'il n'est pas dans la version publiée, il vaut le détour.

 

Ce livre est en fait le blog de Capucine. Puce, de son pseudo. Elle vit aux États-Unis, mais écrit en français. Elle nous fait part de ses doutes, ses réflexions. Elle nous raconte son école, ses amis, sa petite amie... Et c'est une période charnière pour elle : il s'agit de sa dernière année à son école (l'équivalent de notre lycée). Elle savoure d'autant plus ces moment, et nous les retranscrit avec autant d'affection ! Et c'est plein d'épisodes comme celui-ci : courts, drôles ou émouvants, avec un parti pris pour l'optimisme.

Ce roman peut se prêter à une dégustation tout aussi épisodique : chapitre 1 lundi, chapitre 2 mercredi, chapitre 3 dimanche... ou bien on peut se faire une boulimie et le gober en une fois, tellement c'est bien raconté !

Salutations à toi, Erwan, c'est grâce à ton livre que je commence mon propre blog. Longue et heureuse carrière d'écrivain ! Chers lecteurs, J'ai avalé un arc-en-ciel sort le 02 mars. En attendant, vous pouvez visiter le site internet d'Erwan Ji !

 

Erwan JI. J'ai avalé un arc-en-ciel. Épreuve. Nathan, 2017. 384 p. ISBN : 313-3-09-222160-6

Épreuve prêtée par Croqu'livres

C'est quoi, ce blog ? On doit taper l'adresse "marche-page.fr" pour y aller, mais lorsqu'on arrive dessus, tous les mots "marche-pages" prennent un "s" ! Alors qu'on ne parle que d'une seule et unique créature ! Je vous explique.

C'est quoi, ce blog ? On doit taper l'adresse "marche-page.fr" pour y aller, mais lorsqu'on arrive dessus, tous les mots "marche-pages" prennent un "s" ! Alors qu'on ne parle que d'une seule et unique créature !

Je vous explique. À l'origine, au moment de la création du blog, je pensais à un jeu de mots avec "marque-page". Cet objet ne marque qu'une page. Pas de "s". Mais après réflexion, un marche-pages se trouverait bien embêté s'il ne pouvait marcher que sur une page. C'est comme "un compte-gouttes" (oui, ça prend un "s", et c'est invariable) : s'il n'avait qu'une seule goutte à compter, il ne servirait pas à grand-chose ! On peut penser aussi à "un distributeur de journaux". Ce n'est pas un mot composé, mais on entend la logique.

Donc, oui, il y a une faute d'orthographe dans l'URL de mon site ; et on ne peut plus la changer. Ce n'est pas sérieux ? Je répondrais que ce ne serait pas sérieux de ne pas l'assumer. Et puis, ça fait partie du mythe. Le marche-pages est un être insaisissable...

N'avez-vous pas remarqué des disparitions inquiétantes, autour de vous ? Des attitudes suspectes ? Le marche-pages rôde...

N'avez-vous pas remarqué des disparitions inquiétantes, autour de vous ? Des attitudes suspectes ? Une tension, parfois, dans l'air ? Le marche-pages rôde... Depuis la nuit des temps, il s'attaque à tous : jeunes, enfants, adultes. Et tous les jours !

Il se cache dans un objet cabalistique que tout le monde possède : le livre. Et cet objet lui-même change, actuellement. Mais ça, c'est un autre sujet. Le marche-pages, donc, habite tous les livres. Fictions, documentaires, journaux... Et si les manuels de physique ne sont pas si passionnants pour tout le monde, c'est que le marche-pages y est plus gourmet, il choisit ses proies. Il a son homologue dans la musique (enregistrée ou directe), dans les films. On pourrait l'appeler le marche-temps.

Vous ne me croyez pas ? Pourtant, vous l'avez déjà vu. Peut-être est-ce plus facile de le voir en action sur une autre personne : lorsqu'il se saisit de sa victime... Pour cela, il vous suffit d'observer quelqu'un d'autre lire. Au bout d'un moment, le lecteur se transforme. Son dos se courbe. Ses yeux s'aiguisent. Son cœur s'accélère. Ça y est. Il est sous l'emprise du marche-pages. Il ne peut plus sortir de sa torpeur seul. Et lorsqu'il y parvient, il se trouve un instant hébété, réalisant presque avec regret qu'il est revenu dans le monde réel.

Bref, le marche-pages est toujours présent. Depuis les premiers balbutiements du premier conte, et bien après le dernier des autodafés, tant que l'Homme sera humain, tant qu'il s'informera et qu'il imaginera, le marche-pages sera là, le regard brillant, toujours prêt à nous emmener...