De toute sa jeunesse, Florence et ses frères et sœurs n'ont pas eu d'argent de poche. Ses parents ne leur ont pas non plus transmis le goût du travail. Seulement le besoin d'avoir du flouze, du blé, n'importe quoi qui puisse leur donner un peu d'autonomie. Par contre, ce que Florence a appris, c'est à ne rien devoir à ses parents, ni à personne d'ailleurs. Elle s'est lancée par vocation dans l'illustration de BD, puis, de galère en galère, elle nous livre son témoignage et ses astuces : voler à Monoprix grâce à un manteau molletonné aux poches décousues, vivre dans son appartement non chauffé dans un sac de couchage, emmener les viennoiseries et les canapés des salons pour nourrir ses deux garçons...

La pauvreté. Encore un sujet tabou, qui recoupe également d'autres sujets de débats : l'injustice, le capitalisme, l'avortement, la fierté... Cette BD autobiographique est un bon support de discussion. Elle fait réagir, par la violence que l'auteure s'est infligée à elle-même, refuser les allocations par exemple, et qu'elle retourne contre ses parents qui ne l'aident pas financièrement, et contre les riches en général. Alors que, si l'on réfléchit, les aides sont financées par les impôts, et par ceux qui peuvent les payer.
Plus profondément, Florence témoigne de ses réflexions : si ses parents ne la soignaient pas, ne l'aidaient pas financièrement, est-ce parce qu'elle ne valait rien ? Elle témoigne aussi de sa colère, de son dépit, et, finalement, peu de sa réussite. Mais ce n'est pas le sujet...
Une réflexion de ma part : une BD à 24,50 €, ce n'est pas destiné aux jeunes et fauchés. À moins de passer par une médiathèque ^^ Bonne lecture !
À partir de 16 ans

DUPRÉ LA TOUR, Florence. Jeune et fauchée. Dargaud, 2026. (Charivari). 209 p. ISBN 9782487663152